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Le "tunnel du soir" : et si on arrêtait de subir ce moment ?

  • 10 mars
  • 3 min de lecture

On entend partout cette expression : le tunnel du soir. Ce moment entre le retour à la maison

et le coucher des enfants, décrit comme une épreuve à traverser, une série d'obstacles à expédier le plus vite possible pour enfin… souffler.


Mais cette image me dérange. Profondément.



Un tunnel, c'est quelque chose qu'on subit. Quelque chose de sombre, sans issue visible, où on retient son souffle en attendant que ça passe. C'est étroit comme s'il y avait qu'une issue possible.

Et si on nous avait vendu la mauvaise histoire ? Et si pouvait transformer ce tunnel en un chemin étendu où on arrive à la même destination mais pas toujours de la même façon ?


Tout le monde est à bout — et c'est normal


Il y a quelque chose qu'on ne dit pas assez : le soir, les émotions s'entremêlent de part et d'autre.


Toi, tu rentres avec une journée sur les épaules. Tu as besoin de souffler, de silence, d'un moment à toi. Ton enfant, lui, a aussi tenu toute la journée — à la crèche, à l'école, à contenir ses émotions, à s'adapter. Et là, il a besoin de toi. De ta présence, de ta sécurité.

Ces deux besoins arrivent en même temps, dans le même espace, au même moment de fatigue maximale.


Résultat : tu es moins patient·e. Lui aussi. Les cris fusent beaucoup plus vite. Et la moindre résistance — le refus de mettre le pyjama, la crise au moment du brossage de dents — prend des proportions que tu n'aurais jamais imaginées.


Ce n'est pas que tu es un mauvais parent. C'est juste que tout le monde est épuisé.


Le problème avec le "tunnel"


Quand on parle de ce moment comme d'un tunnel, on s'installe inconsciemment dans une posture de survie. On coche les cases — douche ✓, dîner ✓, pyjama ✓, dents ✓, lit ✓ — en mode pilote automatique, en apnée, sans vraiment être là.


Et dans cette course, on oublie quelque chose d'essentiel : pour beaucoup d'entre nous, c'est le seul moment de la journée passé avec notre enfant.


Je ne remets pas en cause tout ce qu'il y a à faire. La logistique du soir est réelle, les étapes sont nécessaires. Mais entre "faire les choses" et "être présent·e pendant qu'on les fait", il y a un monde.


Aller vers plus de simplicité — sans forcément céder


La clé du soir, ce n'est pas d'abaisser les exigences. C'est d'aller vers le plus de simplicité possible pour désamorcer avant que ça parte en vrille.


Simplifier, ce n'est pas céder. C'est adapter. C'est comprendre que dans un état de fatigue extrême — le tien, le sien — il y a toujours une façon de contourner le problème plutôt que de s'y cogner dessus.


Quelques idées concrètes :


🚿 Ton enfant est en crise avant la douche ? Saute-la, exceptionnellement. Une soirée sans douche ne changera rien. Une guerre déclarée dès 18h, si.


🪥 Il est trop épuisé pour aller se laver les dents ? Amène la brosse à lui. Ce n'est pas capituler — c'est lever un obstacle inutile pour garder ton énergie pour ce qui compte vraiment.


🍽️ Changer de décor pour le repas. Manger dans le salon un soir de semaine, par terre sur une couverture — ce petit décalage crée une rupture dans la routine et peut transformer l'ambiance en quelques secondes.


🍽️ Organiser les repas en avance. Parce que passer 1 heure en cuisine, ce n'est pas possible dans le timing, tu passeras une heure sans t'occuper, crise assurée (et je sais de quoi je parle ;)).


🔄 Identifier l'étape qui coince tous les soirs. Si c'est toujours le même moment qui part en vrille, c'est un signal. Pas une fatalité. Cette étape a peut-être besoin d'être repensée, pas répétée.


⏱️ Chercher les 5 minutes de qualité. Pas besoin d'une grande démonstration d'amour. Cinq minutes à lire ensemble, à le masser, à inventer une histoire absurde pendant qu'on enfile le pyjama — ça compte énormément pour un enfant.


Il y a toujours une solution pour changer une situation, même quand tu as l'impression que c'est le chaos total. Toujours.


Ce que je ne dis pas

Je ne dis pas que tous les soirs se passent sans cris. Je ne dis pas que c'est simple ou que tu fais mal les choses.

Je dis juste que ce moment mérite d'être vécu, pas seulement traversé.


Parce que dans dix ans, tu ne te souviendras pas des soirs où tout s'est enchaîné parfaitement.


Tu te souviendras des fous rires au moment du brossage de dents, du dîner improvisé dans le salon, de la chanson inventée pour calmer la crise.


Et toi, comment se passe le soir chez vous ? Est-ce que tu as l'impression de "subir" ce moment ? Dis-moi en commentaire — je lis tout. 👇

 
 
 

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